TROUVER SES RACINES

ou

BIENFAITS INATTENDUS D’UN SÉJOUR À L’ÉTRANGER ÉPROUVANT

 

IMG_0399_rec

Comment devenir un écrivain qui vaut la peine d’être lu?

Je suis né à Montréal et j’ai décidé d’écrire à l’adolescence. J’ai étudié en lettres, j’ai noirci beaucoup de feuilles et rempli de nombreux écrans, mais je suis demeuré au niveau d’un amateur. Malgré mes efforts, ce que je produisais ne valait rien et je ne parvenais pas à m’élever. Je ne réussissais pas à reproduire en phrases et en histoires notre expérience de francophone d’Amérique du Nord.

À cause d’une rencontre, je me suis installé dans un pays étranger. Ça a été douloureux. J’étais en immersion totale : jeté dans l’océan sans savoir nager. Je ne comprenais rien à la mentalité des gens, fermés et parfois hostiles avec moi. Mon amie avait un nouveau travail qui prenait toute son attention. Je ne connaissais personne et j’ai passé un an sans parler français.

Séparé de l’univers que je connaissais, je tuais le temps en écrivant et j’étais plus mauvais que jamais.

J’ai réussi à m’intégrer en devenant comme eux. Maîtriser leur langue (un an d’efforts), me faire des amis, me trouver un emploi. J’ai étudié leur histoire. J’ai célébré leurs fêtes, vu leurs films, partagé leur nourriture, vécu leurs traditions. J’ai changé. Vivre à l’étranger m’a transformé.

Parlant leur langue, j’ai pu lire leurs écrivains dans le texte, ainsi qu’un merveilleux livre sur l’écriture : Författarskolan, que tous les écrivains de là-bas ont lu et qui m’a beaucoup influencé.

De retour au Québec, j’ai continué à écrire. À cause de ce qui m’avait manqué et parce que j’avais vécu de manière différente, je nous voyais avec de nouveaux yeux. Et je me suis amélioré. Comme une fourmi qui monte un escalier géant, j’ai grimpé d’un étage. J’avais compris comment traduire en histoires ce que le Québec a de particulier, et surtout, comment l’écrire. Vivre ailleurs (je raconte mon parcours en détails ici), expérimenter la solitude, me couper de ma langue, m’a fait comprendre qui nous sommes et m’a transformé comme écrivain.

À force de lancer les dés, on finit pas mettre la chance de son côté.”

stockholm3[1]
L’éloignement mène à la proximité. Le particulier mène à l’universel.”

Si vous voulez avoir du succès, sautez d’un échec à l’autre sans perdre votre énergie, et repensez à chaque fois votre stratégie.”

On cherche sans trouver, on continue, on persévère, on abandonne… et c’est là qu’on trouve.”

C’est en se noyant dans une autre culture qu’on trouve la sienne.”