Det finns ingenting som gör rättänkande svenskar så upprörda som böcker om berättarteknik.”

– Göran Hägg

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Comment devient-on écrivain quand on vient d’un pays sans tradition littéraire?

Je suis né à Montréal et j’ai décidé d’en devenir un à l’adolescence. J’ai étudié dans ce domaine, j’ai beaucoup travaillé, mais je suis demeuré à un niveau très moyen, le niveau d’un amateur. Malgré mes efforts, je ne parvenais pas à m’élever. Je ne réussissais pas à reproduire en phrases et en chapitres notre expérience de francophone d’Amérique du Nord.

La vie m’a mené à Stockholm, où j’ai appris le suédois et passé plusieurs années. Les Scandinaves m’ont beaucoup appris et particulièrement Göran Hägg et Författarskolan, un livre technique sur l’écriture que tous les écrivains suédois ont lu, même s’ils n’en parlent pas souvent. Leur enseignement a transformé ma manière d’écrire, mais ça m’a pris des années à comprendre comment faire.

De retour au Québec, j’applique cette approche nordiskt à notre univers si particulier. À ma connaissance, je suis le seul à faire ça.

Ayant vécu à l’étranger, j’ai changé, tout en restant le même.

Un écrivain doit avoir du talent, avoir vécu, aimer la vie… et il doit maîtriser les procédés de son art. Sans cette maîtrise, ses romans vont s’effondrer. Excellents pendant quelques pages, pourris ensuite. Avouez qu’on en lit souvent des comme ça.

Le plus important est la vérité, la sincérité des mots, l’authenticité, appelez ça comme vous voulez. Pour y parvenir, il faut comprendre ses racines. Avoir vécu à l’étranger aide énormément.

Un bon roman, c’est comme l’escalade d’une montagne : les événements, les surprises et les émotions se succèdent, tandis que le lecteur s’élève. Un vrai roman nous mène à des sommets et ce chemin est un plaisir. Un vrai roman est un bonheur à lire.

Beaucoup de romans intelligents sont ennuyants. La plupart des romans amusants ne sont pas si intelligents, mais tombent dans la facilité ou utilisent des recettes qui n’enrichissent pas le lecteur.

Mon premier roman, Sonate en fou mineur, a été finaliste au prix de la relève Archambault. Une réaction que j’ai souvent entendue: « je suis surpris, j’aime ça ».

On écrit pour créer les romans qu’on voudrait lire..”

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“Pour devenir écrivain, il faut lire, écrire, réfléchir sur ce qu’on a lu et réfléchir sur ce qu’on a écrit. Dix mille heures d’écriture ou un million de mots.”

Lire un bon roman, c’est voir le monde à travers les yeux d’un autre. L’espace d’une histoire, on devient psychopathe ou sorcier, kapo nazi, juif persécuté, lesbienne malheureuse ou prêtre sadique. Ça aide à comprendre les autres. L’intelligence est un muscle et lire en augmente la force.”