Det finns ingenting som gör rättänkande svenskar så upprörda som böcker om berättarteknik.”

– Göran Hägg

IMG_0399_rec

Comment devient-on écrivain dans un pays sans cette tradition?

Je suis né à Montréal et j’ai décidé d’écrire à l’adolescence. J’ai étudié en lettres, j’ai noirci beaucoup de feuilles et d’écrans, mais je suis demeuré au niveau d’un amateur. Malgré mes efforts, je ne parvenais pas à m’élever. Je ne réussissais pas à reproduire en phrases et en histoires notre expérience de francophone d’Amérique du Nord.

La vie m’a mené à Stockholm, où j’ai appris le suédois et passé plusieurs années. Les Scandinaves m’ont beaucoup appris et particulièrement Göran Hägg et Författarskolan, un livre technique sur l’écriture que tous les écrivains suédois ont lu. Leur enseignement a transformé ma manière d’écrire, mais ça m’a pris des années à comprendre comment l’adapter.

De retour au Québec, j’applique cette approche nordiskt à notre univers si particulier. À ma connaissance, je suis le seul à faire ça.

Ayant vécu à l’étranger, j’ai changé, tout en restant le même.

Un écrivain doit avoir du talent, avoir vécu, aimer la vie, et doit maîtriser les techniques de son art. Sans cette maîtrise, ses romans vont s’effondrer. Excellents pendant quelques pages, médiocres ensuite. Avouez qu’on en lit souvent des comme ça.

Le plus important est la vérité, la sincérité des mots, l’authenticité. Avoir vécu à l’étranger aide à comprendre qui on est.

Créer une histoire excitante et originale tout en demeurant authentique est très difficile.

Un bon roman, c’est comme l’escalade d’une montagne : les événements, les surprises et les émotions se succèdent, tandis que le lecteur s’élève. Un vrai roman nous mène à des sommets et ce chemin est un plaisir.

Mon premier roman, Sonate en fou mineur, a été finaliste au prix de la relève Archambault.

On écrit pour créer les romans qu’on adorerait lire et qu’on n’arrive pas à trouver.”

stockholm3[1]
“Pour devenir écrivain, il faut lire, écrire, réfléchir sur ce qu’on a lu et réfléchir sur ce qu’on a écrit. Selon la légende, ça prendrait dix mille heures d’écriture ou un million de mots.”

Lire un bon roman, c’est voir le monde à travers les yeux d’un autre. L’espace d’une histoire, on devient psychopathe ou sorcier, kapo nazi, juif persécuté, lesbienne malheureuse ou prêtre sadique. Ça aide à comprendre les autres. L’intelligence est un muscle et lire en augmente la force.”