Vous aimez les histoires? Voici la mienne (suite)

Je suis entré au cégep en sciences pures, j’ai changé pour les lettres, et je suis revenu en sciences après avoir obtenu mon DEC en lettres. Au niveau social, j’ai atteint le fond. La solitude me rendait tellement malheureux que j’ai recommencé à m’ouvrir aux autres. Le choix entre les sciences et les lettres s’est posé de nouveau en m’inscrivant à l’université. Pour éviter de trancher, j’ai opté pour l’école Polytechnique, en me disant que j’étudierais en sciences et que j’écrirais dans mes temps libres, gardant intactes mes deux passions.

Durant ma dernière année à la Poly, un ami m’a parlé d’un programme international d’échanges d’étudiants. Un autre voulait s’inscrire mais il s’est trouvé un emploi et m’a donné son formulaire. Je l’ai rempli, mais je l’ai posté une heure trop tard et j’ai été disqualifié. Sauf qu’une Canadienne anglaise s’est désistée et j’ai pu la remplacer. Cette série de hasards a eu une importance énorme dans ma vie, comme le démontre la suite, et c’est ce qui a inspiré le passage de Sonate en fou mineur où, après avoir rencontré Agathe, qui va résoudre sans le vouloir les problèmes de tout le monde, Pascal s’émerveille des conséquences énormes que peuvent avoir des événements insignifiants.

Mon dernier travail pour la Polytechnique, le PFE (Projet de Fin d’Études) était en train de s’imprimer tandis que mes parents me conduisaient à l’aéroport, direction Maribor, Yougoslavie (maintenant Slovénie). Le pays était encore communiste. Tout allait exploser, mais un an plus tard, et j’ai passé là un été agréable. Le travail à faire était presque nul et je me suis concentré sur la visite du pays et sur le vin à un dollar la bouteille. Des étudiants de toute l’Europe se trouvaient là, dont une très charmante Suédoise. Après avoir prolongé mon stage sous l’influence de la très charmante Suédoise, j’ai visité l’Europe comme prévu, mais en terminant par Stockholm, ce qui n’était pas du tout prévu, où je suis resté cinq ans en compagnie de la très charmante Suédoise.

Choc! Je me suis retrouvé dans un univers très différent de ce que je connaissais. Un monde de froideur, de beauté silencieuse, d’efficacité, d’émotions masquées. La langue était une frontière. En apprenant le suédois, ce qui m’a pris un an, j’ai appris une nouvelle manière de penser. « Lagom », « Radhus », « Sprit », « Högskola »…